Le POC en reconstruction

Après Onze ans de N3 et une progression particulièrement linéaire (6e, 5e, 4e et 3e l'année passée) en ayant longtemps entrevu la montée en N2, Plobsheim s'apprête à vivre une saison sans doute moins aisée, la faute à une intersaison mouvementée.

 S'agit-il d'une nouvelle forme d'exode rural, ou d'un épisode du « handball des villes  contre le handball des champs » ? Toujours est-il que Plobsheim s'est vu dépossédé d'une grosse partie de son effectif, voire d'un « sept » intégral, avec le départ de joueurs majeurs et de ses deux gardiens.
 « Le départ d'un joueur, concède le coach Michel Hamm, comme sur une pyramide de dominos, a déclenché tous les autres. Sur le coup, le club a réellement sombré dans une grosse déprime, le président en personne étant prêt à jeter l'éponge. J'étais moi-même extrêmement déçu, car il s'agissait souvent de jeunes formés au club, qu'on avait réussi à monter à un niveau intéressant. Et au moment où l'on aurait pu récolter les fruits de ce travail, patatras ! Malgré tout, sans grosse hésitation, je suis reparti, car il n'aurait pas été correct de laisser le club dans la mouise. »

« Je connais la valeur
de mes joueurs »
 

 Dès lors, il fallut rebâtir un groupe compétitif, capable de tenir la route en championnat de France. « Des jeunes, on en disposait, poursuit Hamm, mais il nous manquait quelques joueurs d'expérience capables de les encadrer. Mathieu Denni nous a permis de récupérer son pote Besson avec qui il avait joué à Schiltigheim, Fred Hugel est reparti pour un tour. Nous tenions notre paire de pivots. Et Florent Gaston s'est également repiqué au jeu. J'ai senti immédiatement une bonne ambiance. Les problèmes de l'intersaison vont fédérer les forces vives. Il y a des places à prendre pour des jeunes qui en voudront et les anciens sont prêts à aider.Mais notre préparation a été misérable jusqu'à notre tournoi de rentrée, avec une seule victoire. Puis les choses ont commencé à se mettre en place, sur la base notamment d'une défense 3-3, que le groupe doit assimiler. Pour notre première sortie officielle en coupe de France, on a étrillé le HBC. Le public en a été estomaqué. On a mené le jeu de bout en bout. Je n'ai pas été surpris de ce résultat. Je connais la valeur de mes joueurs. En championnat, nous retrouverons sensiblement un groupe que nous avons fréquenté il y a deux ans. Il me paraît en tout cas un peu moins relevé que la poule où jouera Haguenau. »
 En championnat, le POC s'est incliné pour l'ouverture chez l'un des favoris Florange, mais a remis les pendules à l'heure dans sa salle fétiche dimanche contre le Racing.
 Pour peu que leur invincibilité y soit préservée au maximum, les Plobsheimois ne devraient pas être loin à l'arrivée de leur objectif majeur : le maintien en championnat de France.

 DEPARTS : Cyril Blaise, Lionel Gasser et Benoît Lehmann (Haguenau), Alexandre Clauss et Jonathan Gill (HBC La Famille), Stéphane Molitor (Racing), Manu Lauffenburger (arrêt).
 ARRIVÉES : Fabrice Besson (Barr), Bruno Guillem (libre, Bouches-du-Rhône)
 EFFECTIF : Huck et Roessler au but, Bastian, Besson, Denni, Dhenin, Enée, Gaston, Gentner, Heckly, Hugel, Kuhn, Metzinger, Schwentzel, Willem.
 ENTRAINEUR  : Michel Hamm.
 CES CINQ DERNIERES SAISONS (toutes en N3) : 2004/05, 7e ; 05/06, 6e ; 06/07, 5e ; 07/08, 4e ; 08/09, 3e.

 

JPS

Les nouveaux arrivés, Guillem et Besson (en clair au centre) entourés des jeunes pousses du POC qui intègrent l'équipe fanion (g.-d. : Roessler, Dhenin,Kuhn, Heckly et Huck).

 

Le handball en famille

Chloé Keil s'apprête à retrouver demain son ancien club, l'ATH (N1), pour un petit tour de coupe de France. Car désormais, elle porte les couleurs de l'ASPTT Strasbourg (N2), une équipe entraînée par son père, Michel Keil.

Dans la famille Keil, le sport occupe une place particulière. Le handball bien sûr, mais pas uniquement. « En fait, j'ai deux grandes soeurs et un grand frère, raconte Chloé Keil. Et si Myriam était plus dans la natation et Sophie dans la gymnastique, Denis et moi, mais aussi nos parents et même André, le frère de mon père, on est dans le handball. A la maison, cela faisait beaucoup de va-et-vient pour emmener tout le monde aux entraînements... »
 Et si Chloé Keil a elle aussi commencé par la gymnastique, elle va vite prendre le virus de la petite balle. « J'ai commencé en -12 ans à Plobsheim, on était la première équipe féminine du club. »
 Et ses premiers pas ne se feront pas avec n'importe qui. « Ma mère et Nadine Metzinger nous entraînaient. »

« Ma mère m'a appris les bases»
 

 Chloé Keil possède donc la singularité d'avoir été ou d'être dirigée sur un terrain de hand par sa mère Isabelle d'abord, par son père Michel maintenant. « J'ai fait les deux, tant qu'à faire... Mais ça s'est toujours bien passé, sourit-elle. Après les entraînements, ils redevenaient maman et papa. Mes parents ont la même vision du handball. Ma mère m'a appris les bases. Maintenant, avec mon père, on développe. »
 A l'intersaison, il n'y a donc pas eu d'énorme hésitation au moment de quitter l'ATH pour rejoindre l'ASPTT et son nouvel entraîneur. « C'était un challenge pour moi, de voir si ça pouvait fonctionner entre mon père et moi. Et finalement ca va, ca me plaît bien, il m'apporte beaucoup. Après les matches, c'est même mieux que quand il n'était pas mon coach, parce qu'il considère l'équipe dans son ensemble. On est plus dans des constats globaux. »
 Demain, Chloé Keil va retrouver l'ATH, un club où elle aura passé six ans avant de se lancer ailleurs. Un derby pour tout le monde, des retrouvailles pour elle. « Je ne suis pas partie en mauvais terme, j'ai beaucoup appris là-bas. C'est un bon groupe, très soudé. En partant, j'ai un peu quitté une famille. Mais c'est bien de se confronter à son ancien club. Alors c'est un match normal, mais je suis quand même un peu pressée de le jouer... »
 Avec une équipe strasbourgeoise quasi totalement renouvelée, elle va tenter de bousculer la hiérarchie, mais le but est surtout de continuer à progresser.

« On commence à être dedans »
 

 « Nous formons un groupe jeune, sympa, et on s'entend toutes très bien. C'est quasiment une nouvelle équipe. Mais là, on remarque une évolution par rapport au mois de septembre : on commence à être dedans, à vraiment former un groupe. »
 Dans ce championnat morcelé de N2, l'ASPTT est en ce moment 5e, à quelques points des premières places. Chloé Keil, elle, découvre ce niveau après avoir goûté à la N3 et à la N1 avec l'ATH.
 « La N2, c'est un niveau de jeu où une équipe nouvelle et jeune comme la nôtre peut parvenir à apprendre, à progresser. On rencontre des équipes qui ont un peu le même profil. Maintenant, ce serait bien d'arriver à monter avec ce groupe, même si cela ne se fera pas forcément cette saison. »
 En attendant, Chloé Keil, 18 ans, a une autre sacrée échéance dans quelques mois, le Bac (biologie, génie, biochimie). « C'est un peu dur cette année. C'est difficile de s'organiser, de trouver le temps de bosser, de s'entraîner, mais ça fait un moment que c'est comme ça. Ce qui est embêtant c'est que je ne sais pas du tout quoi faire ensuite. »
 Le handball, même si les rebonds de sa balle ont la réputation d'être capricieux, est parfois plus simple que le reste. Il a aussi l'allure d'un héritage parfaitement assumé.

 

Christine André  DNA

 

 

 

 

 

Les patients bâtisseurs

Le Plobsheim Olympique Club fête les 40 ans de sa section handball ce week-end. Son président Adrien Gasser se retourne sur l'histoire d'un club aux reins solides et plein d'ambition.

Si le handball est devenu le sport n°1 à Plobsheim, il le doit à une poignée de convaincus, plus proches aujourd'hui de la retraite que du bac à sable. Au club depuis toujours, Adrien Gasser se rappelle des débuts balbutiants du hand, en 1965 : « On était quelques gamins de 13-14 ans à vouloir jouer et le directeur de l'école, Jean-Pierre Finkbeiner, avait créé une section hand pour nous. Et en 1968, le Cercle athlétique de Plobsheim voyait le jour avec 15 licenciés ».

« On faisait les lignes avec de la sciure de bois qu'on balayait à la fin du match »

 Jusqu'en 1972 et l'obtention de la salle polyvalente, les handballeurs de Plobsheim jouaient sur le parking d'EDF, mais avec interdiction de tracer les lignes. « On allait chercher les buts à l'école et on faisait les lignes avec de la sciure de bois qu'on balayait à la fin du match », en rigole encore Adrien Gasser. Les choses ont bien changé depuis, à commencer par le nom du club, devenu Plobsheim Olympique Club la même année.  Le premier tournant est abordé en 1976 avec l'arrivée de Joseph Denni, ancien joueur de haut niveau venu avec quelques copains pour s'éclater dans le coin. Résultat : le club passe de la D1 départementale à l'Excellence en à peine quatre ans.  Le deuxième élan sera insufflé par « Dédé » Keil en 1989. L'entraîneur ramènera le club en Excellence Régionale et posera les bases de ce qu'on peut appeler un centre de formation. Le club passe le cap des 100 licenciés et développe ses sections jeunes, garantes de l'avenir du club. « On attache aussi beaucoup d'importance à la formation des cadres, c'est comme cela qu'on progresse », juge le dirigeant historique. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le club vient d'être récompensé de son cinquième label d'or des écoles de handball consécutif, « seulement remis à trois ou quatre clubs chaque année dans le département ».  La dernière impulsion a été l'oeuvre de Michel Hamm. A son arrivée en 1998 comme entraîneur-joueur, l'ancien du RC Strasbourg fait monter le club immédiatement en N3, un niveau auquel évolue toujours le POC sans avoir connu la descente.  Ce qui permet aussi d'envisager la montée. Pour « accéder à la N2 dans les deux ans », Michel Hamm s'appuiera sur un groupe qui a fini 4e cette saison en N3, « avec quelques ajustements » souligne toutefois Adrien Gasser. Le budget, de 100 000€, n'est pas extensible et sert essentiellement à assurer le confort des joueurs : « Personne n'est payé. Ils ont une prime de résultat et on paye le repas le jeudi soir et le dimanche en déplacement. On mise sur la convivialité ».  Un état d'esprit qui n'empêche pas de se professionnaliser tout doucement. L'organigramme est net et précis, avec 17 personnes au comité et une prochaine réorganisation pour développer le sponsoring, talon d'Achille du club. Surtout, le président fait le forcing pour que les promesses électorales soient tenues : « On nous a promis une vraie salle avec des gradins pour la saison 2010-2011. Ceux qui viennent le dimanche doivent rester debout. Mais on est très content de notre public, on a régulièrement 100 à 200 spectateurs ».  Sans se presser, Adrien Gasser et ses comparses ont construit un club sain et solide au fil des ans. Le président n'imagine pas encore, à 57 ans, tourner la page. L'oeil brillant, il ne se voit pas quitter un club qu'il a « contribué à construire ». Et qu'il aimerait bien laisser au niveau supérieur.

Séb.R.

Avec 210 licenciés dont 137 jeunes, le POC d'Adrien Gasser dispose de bases solides pour voir plus grand que la N3. (Photo DNA - SR)

Carton plein pour les soeurs Hofmann

Un millier de personnes ont assisté à la brillante soirée organisée par le club de hand-ball de Plobsheim à la salle des fêtes d'Eschau autour des « Geschwister Hofmann ».

Entourées de leurs musiciens et d'une troupe de six danseurs, les « Geschwister Hofmann » ont enthousiasmé la salle au son de la volksmusik et de plusieurs succès planétaires. Des stars d'une incroyable vitalité, une simplicité qui n'a d'égal que leur grand talent et une vraie passion pour les chants populaires et traditionnels auxquels elles ont confié leur destin.

Elles fêtent leur 20e anniversaire de scène

 Les soeurs Hofmann fêtent cette année leur 20e anniversaire de scène et leur tournée prend des allures de marathon. Pendant 3 mois, elles se produisent chaque soir dans un lieu différent pour le plus grand plaisir du public et de leurs fidèles, des fans qui les suivent absolument partout. Parmi le public, on notait d'ailleurs la présence de Suisses, d'Allemands et de nombreux Alsaciens fascinés par l'énergie, la variété et le côté rétro du spectacle.  Un défilé de mode consacré à toutes les toilettes confectionnées depuis leurs débuts par leur propre mère, une vidéo-projection sur leurs souvenirs d'enfance intimement mêlés à leur don précoce pour la musique populaire, un solo au piano, quelques commentaires pleins d'humour ont transformé cette soirée en un spectacle complet qui n'a laissé personne indifférent. « Nous les avions déjà invité il y a deux ans. C'est pour nous une soirée qui nous permet d'alimenter la caisse du club », explique Adrien Gasser, président du club de handball de Plobsheim. Elles sont en tête du hit-parade en Allemagne ». Les soeurs ont effectivement obtenu de nombreuses distinctions, dont la « couronne de la musique populaire » et le « diapason d'or » qui récompensent leurs multiples talents. Et ce soir de concert, personne ne remet cela en cause : « C'est une soirée géniale et vivante, avec de magnifiques costumes, conclut Jacqueline, une spectatrice. C'est une soirée qui fait rêver ».

M. Ey.

Les soeurs Hofmann ont remporté un immense succès à Eschau. (Photo DNA)
 

 

 

 

 

Formation continue

Entraîneur emblématique de la SP Neuhof où il est resté 26 années avant de rallier Plobsheim en 2002, Michel Keil forme aujourd'hui des -16 et des -17 ans du POC. Avec la même passion rugueuse, la même exigence soignée.

Faire et refaire dix fois, cent fois, mille fois le même geste. Copier encore et encore l'enchaînement. Jusqu'à l'écoeurement, jusqu'à ce que ce soit parfait ce qui revient au même. Préparer le hasard des soirs de matches finalement, oui il y a de ça.
 A 52 ans, Michel Keil fonctionne toujours selon des critères qu'il n'a jamais renié. Parle d'une voix de basse, étale. De travail, d'humilité, d'honnêteté et de rigueur, ce genre de choses. Parle peu parce que l'homme est un taiseux qui sait que le bien ne fait pas de bruit et que le bruit ne fait pas de bien comme disait Bourdieu, mais ses yeux disent les mots qu'il ne prononce pas.
 «C'est un homme extrêmement attachant, franc et direct, dit Gatien Dehedin, l'un des champions d'Alsace minimes avec lesquels il est monté en N2 au début des années 90. Michel n'est pas un diplomate, il ne prend pas de gants et dit ce qu'il a à dire, même si c'est dur à entendre. C'est un très grand entraîneur, l'un des tout meilleurs de la région. Il lit le hand de façon déconcertante. »

 C'était particulièrement vrai au Neuhof où il a formé des générations de batailleurs. Les Haas, Ernewein, Dehedin, les frères Robin (dont Michaël l'actuel gardien de Sélestat), Lehmann, son fils Denis le meneur de la Robertsau et tant d'autres.
 « J'ai toujours eu des équipes de jeunes, dit-il. Sans le savoir, ça a tout de suite été mon truc. Aujourd'hui, il y en a pas mal qui animent le hand régional... ça fait un peu mal au coeur de ne pas les voir réunis sous le même maillot ».
 Celui de la SPN évidemment qui restera le club de toujours de cet ancien nageur de niveau national chez les cadets arrivé au hand par hasard. « Pendant un stage de natation, on s'est retrouvé dans un gymnase, se souvient-il. Ça shootait fort et un gars est venu nous voir pour nous emmener au SEC, l'ancêtre du SUC (Strasbourg Université Club). J'avais 16 ans et je me rappelle que j'avais des crampes aux deux mollets, l'effort était tellement différent de celui fourni dans un bassin qu'au début j'avais du mal à finir les matches ».
 Ça ne durera pas. Ni les crampes, ni le SEC. Rapidement, l'arrière gauche au redoutable tir de hanche part au Neuhof où son frère André a pris les rênes de l'équipe. Le début d'une relation exceptionnelle, fusionnelle avec ce club de banlieue à l'âme bleue et jaune.
 Le début d'une aventure sportive aussi avec la montée en N3, alors le troisième niveau français, en 1980 et l'accession à la N2 ratée lors des barrages. Salle du Stockfeld, où il y avait à peine la place pour installer les bancs des remplaçants, plus de 200 personnes se massaient de l'autre côté des baies vitrées.
 «C'était une équipe formidable, confirme Jacky Reutenauer qui en était. Il y avait Leaune, Muller, champion de France avec le Racing, Albertus, Amrouni, Ruggaber aux buts, Stoll etc. Michel possédait une excellente vision du jeu et était déjà porté sur la formation».
 Abrupt comme Matthieu, il tirera à chaque fois le meilleur de ses groupes. Un peu à la manière de ces instits de village frottés de culture.

Un père spirituel
pour certains
 

 «On a terriblement travaillé, dit encore Dehedin. A l'entraînement, c'était le type le plus dur que j'ai eu et grâce à ça, grâce aussi à l'amour qu'il avait pour nous car je suis sûr qu'il nous a beaucoup aimés, il a eu plus qu'on ne pouvait donner. Pour moi, il a été un père spirituel. J'arrivais de la place Colombes, j'étais parti pour faire le con et Michel m'est tombé dessus. Avec ses mots à lui, son exigence il m'a remis dans le droit chemin. Je lui dois beaucoup».
 Ils sont quelques uns dans ce cas là à voir en lui un guide. A le sentir plus ou moins confusément en tout cas. Lui dit simplement que l'affectif était pour beaucoup dans ces résultats. «On avait des gars doués, mais aussi des besogneux, continue-t-il. Ils y croyaient et moi aussi, c'est ce qui faisait notre force. Grâce à ça, nous avons quand même gagné deux coupes d'Alsace d'affilée. Pour certains, comme Vincent Haas, cette relation fusionnelle a peut-être empêché une belle carrière. Dans son cas, je regrette presque de l'avoir freiné, mais nous étions ensemble».
 Vincent Haas justement ne voit pas ça comme ça. «Je ne donnerais pour rien au monde ces années-là, dit-il. Elles ont été les plus belles de ma vie de handballeur. Après, je ne saurais jamais si j'avais le niveau pour jouer en D1 ou D2, mais ce que nous avons vécu valait la peine». Ensemble c'est tout.
 Une philosophie que Michel Keil a transmise à Marmoutier lors des deux années qu'il y a passé comme coach. Et qu'il essaie d'inculquer aux jeunes de Plobsheim où il est arrivé il y a cinq ans pour s'occuper de la «Une».
 «Au Neuhof, j'arrivais à saturation, continue celui qui aux horaires de travail est employé à la Banque de France. On ramait quand même pas mal pour garder cette force intérieure. A Plobsheim, il y a une âme, des bonnes conditions de travail, du monde. Et puis sur les quelque 230 licenciés, nous avons plus de 135 jeunes. C'est un beau réservoir pour le hand».
 Quand il dit ça, il a les yeux qui pétillent. D'un éclat inchangé. Celui qui trahit la flamme qui brûle en lui.

Formateur dans l'âme, Michel Keil continue de s'occuper des jeunes handballeurs. Aujourd'hui, ce sont ceux de Plobsheim qui profitent de sa rigoureuse exigence. (Photo DNA - Alain Destouches)

P.C                                               Édition du Jeu 5 avril 2007

 


 

article publié le 3.2.2006 sur le site des Dernières Nouvelles

d'Alsace.

Patrice Réa sous ses nouvelles couleurs, celle d'un Plobsheim OC pas mécontent de pouvoir compter sur l'ancien robertsovien. (Photo DNA - Laurent Réa)
Heureux qui

 comme Patrice...


Hand-ball - Handball / Réa de retour en Alsace

Il a quitté l'Alsace en 1992, en quête d'un haut niveau que venait de quitter la Robertsau, son club de toujours. 13 ans et pas mal de déménagements plus tard, Patrice Réa, l'ancien surdoué de l'ASLR, retrouve les siens et fait le bonheur de Plobsheim.

 Ce n'est pas qu'il n'aurait pas aimé rester en Alsace. S'il s'est décidé, il y a treize ans, à quitter la région, c'est tout simplement parce que la Robertsau, le club qui l'a vu grandir, retrouvait la Nationale 1. Et que le Racing et Sélestat, alors sociétaires de la Division 1, ne s'étaient pas manifestés.
 Alors Patrice Réa, en mal de haut niveau, s'en est allé voir ailleurs. Nice et Saint-Martin d'Hères étaient sur le coup, mais c'est Toulouse que le Strasbourgeois, alors en France espoirs, a rejoint. « Parce qu'il y avait là-bas tout ce que je recherchais : le niveau de jeu et un esprit famille qui me convenait parfaitement. »

« Si c'était à refaire, je
referais la même chose »

 En Haute-Garonne d'abord, à Nice ensuite et à Marseille enfin, Patrice Réa a ainsi connu la D2 et la D1. Avec, au passage, une demi-finale de la Coupe de France avec Toulouse et deux accessions au plus haut niveau.
 De quoi combler l'ancien Robertsovi! en qui, dans la foulée signa à Rodez, club qu'il retrouva il y a deux ans après un deuxième passage à Nice. « Je suis un handballeur comblé, confie Patrice Réa. J'ai vraiment fait la carrière que je désirais et je reviens chez moi sans aucun regret. C'est vrai que j'ai beaucoup déménagé ces dernières années, mais, surtout, j'ai découvert d'autres régions, d'autres gens. Chacune de mes étapes me laisse d'excellents souvenirs dans la mesure où, partout, j'ai été très bien reçu. Oui, vraiment, si c'était à refaire, je referais exactement la même chose... »
 L'appel du "chez lui" a cependant eu raison de ses besoins de pérégrinations. Treize ans après s'en être allé, Patrice Réa a décidé, à la fin de la saison dernière, de revenir en Alsace. « J'y ai ma famille, mes amis. Tout simplement, je suis d'ici » confie celui qui posa ses valises, pour de bon sans doute, à Kraft au mois de juin. « Je voulais revenir en Alsace, mais pas forcément en ville. Et j'ai trouvé là-bas ce que ! je cherchais ».

« Je suis un plus pour eux,
ils sont un plus pour moi »

 De retour, mais pas en retraite pour autant. A 35 ans, envie et corps intacts, le garçon en veut encore. « J'ai pris mon temps, je me suis renseigné. Et, j'ai finalement choisi Plobsheim parce qu'on ne m'en a dit que du bien... »
 Patrice Réa est ainsi allé taper à la porte du POC, proposant ses services à un Adrien Gasser forcément ravi d'accueillir un tel joueur et aujourd'hui pas avare de compliments. « C'est un garçon à l'attitude exemplaire qui fait de l'excellent travail sur les jeunes » confie le président plobsheimois.
 Le Patrice en question n'est pas en reste, lui qui avoue « vivre une belle aventure avec un groupe jeune, plein d'avenir. Si, en tant qu'ancien, je suis un plus pour eux, ils sont également un plus pour moi. J'ai trouvé un club aux bases solides, bien structuré, ne manquant pas d'ambitions et décidé à ne pas brûler les étapes. L'idéal sera! it de conserver le groupe existant à moyen terme. Le potentiel est là, il y a quelque chose à faire pour peu que les moyens suivent... »
 A moyen terme. Parce que Patrice Réa a encore soif de handball. S'il a bouclé la boucle géographiquement, il se donne encore le temps de la boucler sportivement. Jouer encore avant, sans doute, d'entraîner. Mais rester dans le handball...

A.V.

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 3.2.2006